•    

       Le "journaliste" était enfin arrivé devant l'antre de la jeune fille. un cabanon. Elle vivait dans un cabanon. Alors c'était ici qu'elle habitait...Il n'aurait jamais pensé qu'elle était pauvre. Il resta un moment coi devant tant de pauvreté dans une si grande ville.

    Il s'était promis de résoudre ce mystère concernant cette lycéenne discrète mais aux multiples amis. A chaque fois qu'il voulait l'aborder, il ne savait sur quel pied danser. Et puis, il fallait déjà qu'il la trouve...Car elle disparaissait mystérieusement à la fin des cours, ne participait pas aux grands débats avec ses potes à la fin de la journée. Elle s'évaporait complètement. Alors aujourd'hui, il s'était enfin décidé, il arriverait à faire un article sur elle! De toute façon, elle l'attendait, car elle savait tout lorsqu'on passait dans son monde. Elle était au courant de tout, de son arrivé, de son but, mais lui, ne savait pas...Puis il décidait de toquer à la porte en bois doucement, de peur qu'elle ne se brise à cause de la pourriture. Il sentit une présence derrière et la vit s'ouvrir en grand.

     «-Q-Que?!»

    Il sursauta avant d'être poussé à l’intérieur violemment. Il perdit l'équilibre et tomba...dans le vide. Il venait de passer le seuil de la cabane et pensait toucher le sol, mais son corps ne heurta pas même un objet, il se sentis happé par une force mystérieuse. Il ne voyait rien, pas même un rayon de lumière, l'émotion était trop forte, il s'évanouit.

    Il se réveilla soudainement. Il sentait une douce odeur de fleurs et d'herbe fraîche. Si frais qu'il pensait avoir attérit dans une forêt. Il cligna des yeux, un peu perplexe avant de se lever. Il était dans un jardin, juste en face d'une gigantesque demeure à l'allure de manoir, entouré du vaste terrain bien entretenu dans lequel il se trouvait. Chaque parcelle coupée au millimètre près, faisant croire qu'une personne taillait la végétation tout les jours. Les roses rajoutaient une ambiance mystérieuse et une gloriette parsemée de ces fleurs faisait prétendre que cet endroit appartenait à une famille royale. Et dans cette cage à oiseaux grandeur nature, il pouvait apercevoir des silhouettes floues bouger, comme si les personnes présentes là bas n'étaient que des âmes errantes.

     «-Mais ou suis-je tombé...Se demandait le pauvre curieux.»

    Il se dirigea vers la maison et recommença son petit manège pour manifester sa présence. Mais sa main entra en contact avec un tissu, la maison n'était pas réelle. En touchant la texture, le grand voile explosa en millions de papillons qui laissèrent place à une porte à l'allure étrange. Il prit son courage à deux mains et ouvrit la porte. A l’intérieur, la jeune fille était là, dans les ténèbres, apparemment dans le manoir qu'il avait vu sur le voile. Il le savait, car sa silhouette collait parfaitement avec celle de l'adolescente.

     «-Salut...(elle rougit et baissait la tête) J'ai décidé de répondre à ta petite interview...

    -Hein? Mais comment sais-tu...

    -Secret, murmura l'ombre.»

    Il ne renchérit pas et se décida d'aller droit au but.

     «-Je vais donc te laisser parler, répondis l'interlocuteur. Commence par me parler de toi, en général.

    -Je...Je suis là pour me présenter, pour qu'on me connaisse mieux, pour savoir que je suis bête et niaise, oui, je vous laisse alors...euh...rentrer?...»

    elle disparu à l'intérieur.

     «-Tu t'appelles comment déjà? Cria le lecteur depuis le seuil.

    -Je pensais que tu savais...Bégayait-elle. Je te fais rentrer chez moi quand même, tu devrais savoir... Bon, pas grave...Moi c'est Lolope Chii, le gros mensonge qu'elle a noté sur les informations personnelles de ekla, tu n'y crois pas? C'est normal 8D Appelles moi Mayumi, ou Mayu.»

    L'interlocuteur cherchait la jeune fille depuis l'entrée, ne voulant pas rentrer de peur d'attérir dans un autre monde parallèle, encore. Il voulait lui parler face à face, mais la jeune fille était mieux dans le noir, personne ne la voyait, elle se sentait moins stressée...

     «-Tu es jeune, non? Voulu confirmer l'inconnu.

    -Ben...»

    Depuis le fond de la pièce ,elle se regardait de la tête aux pieds.

     «-Je crois que oui. J'ai 16 ans et je suis bien conservée!»

    Elle sourit bêtement dans le noir, fière de sa connerie. Elle était plutôt contente d'avoir de la compagnie, même si elle savait qu'on l'attendait plus loin et que cet entrevue se terminerait brutalement. Elle était certaine qu'il était comme les autres et qu'il finirait comme les autres. Que ce soit un garçon ou une fille...

    Il resta debout devant la porte, un air dégouté aux lèvres. La blonde soupira depuis les ténèbres et se plaça devant lui. Surpris, il fit un pas en arrière avant de reprendre son calme. Il pouvait désormais la voir en détail: Blonde, grande et mince. Elle avait un paquet de gâteaux sous le bras et n'était pas coiffée. De plus, elle ne portait qu'un large sweet, beaucoup trop grand pour ses frêles épaules. Mais elle en s'en plaignait pas et portait ça avec un certain charme, bien qu'elle laissait penser qu'elle n'avait qu'une culotte cachée par ce vêtement trop ample. Et puis elle était pieds nus, pas maquillée (d'ailleurs, l'interlocuteur doutait qu'elle ne connaisse pas même la signification de ce mot), et son visage plutôt régulier et mignon (pour le coup, elle avait l'air plutôt sur d'elle en ce qui concernait son physique) avec ses petites formes enfantines. L'arrachant à sa contemplation, elle lui pris le bras et l"entraînait à l’intérieur en souriant diaboliquement. Elle le conduit à travers le manoir, passant devant des objets des plus insolites comme des champignons géants qui poussaient dans la maison, des fleurs parlantes, des livres volants...Tout était presque vide, seul des étagères remplies de livres montraient que le lieu était habité, mais certaines pièces étaient communes, comme un salon, une salle à manger (ou ils avaient croisés des servantes en train de caqueter et des objets volants non identifiés). Sur le coup, il fut surpris, tout était si propre...Pourtant, il avait mené sa petite enquête auprès des amis de la jeune fille, qui disaient tous que c'était difficile de mettre un pied devant l'autre sans marcher sur quelque chose. Selon lui, c'était déjà dur de ne pas perdre la tête en rentrant chez elle.

    Elle sourit. Elle savait exactement se que pensait son interlocuteur.

    «-Pourquoi s'est si propre? Tu t'attendais à ce que je te dise: Vas y rentre! tu vas voir c'est dégueulasse, j'adore vivre dans la crasse. (mimant tout ce qu'elle faisait, elle le stoppa un instant) Oh fais gaffe! c'est Bruno mon pote cafard! (elle brandit une bouteille) on se boit un petit jus périmé?" (by Natoo)

    -Euh...Non...»

    Elle continua son avancée dans le couloir et s'arrêta devant une porte. Elle l'ouvrit sans parler et fit signe de passer. Il fit un pas à l’intérieur et son cerveau planta. Cette pièce n'avait pas de fond, ce qui choqua le journaliste. Seul un lit trônait devant lui, des étagères remplies, un bureau, une table de jardin un frigo. Oui, un réfrigérateur. Le lit, deux places, paraissait habité.

     «-Tu vis ici? Demanda t-il en montrant le matelas.

    -Je ne vis pas que dans un lit, c'est dur de dessiner sur un matelas tu sais... Là c'est le lit, ici la nourriture, par là l'ordinateur, le bureau, les étagères, bref une chambre quoi...(s’assit sur le lit) Mais je préfère rester la dessous, je me sens mieux. (glisse sous les draps et entraîne l'autre) Si tu veux, on peut se serrer, faut dire, un lit à deux places, ça se remplis vite...c'est dur de tout organiser, surtout quand le mini frigo prend toute la place...»

    Il s’assit à côté d'elle et alluma la lampe pour mieux voir. Il ne comprenait pas vraiment ce qu'elle voulait dire par "il prend toute la place", étant donné que la pièce était immense. Mais il comprit très vite en voyant un autre frigo à sa droite. Le pauvre ne savait vraiment pas ou il était tombé, c'était tellement incroyable qu'il ne savait plus ou donner de la tête.

     «-On est où ici? C'est tellement fantastique que je n'arrive pas à y croire...

    -Tu es chez moi, la limite entre le réel et l'irréel. Désolée de t'avoir fait déplacer jusqu'ici, ma maison est plutôt loin...»

    il ne comprenait pas pourquoi mais il se disait qu'elle voulait parler des différentes "dimensions" qu'il avait traversé car il était venu de son plein gré. Le jeune homme sortit son calepin et se dit que le moment était venu de poser les VRAIS questions. Il lut la première.

     «-Dis, tu es une fille, hein?»

    elle le regardait, un peu interloquée.

     «-Euh...Sauf si tu avais une mauvaise vue, oui. J'imagine que je n'ai pas besoin de te le prouver, siffla-t-elle vexée. Ca se voit pourtant...»

    La jeune fille allait pleurer.

     «-Pardon...J'éviterais ce genre de question à l'avenir...Mais c'est pour plus de précision, tu vois? On veut savoir qui tu es vraiment!

    -Je ne vois pas pourquoi...

    -Bref! Question suivante! (il se servit et bu le coca de Mayu) Tu viens d'òu?

    -D'ici...»

    Il la fixa un moment et soupira.

     «-Pourquoi passes tu ton temps à te cacher?

    -Euh...(elle se dandinait) Je suis extrêmement timide...Et...J'ai un peu de mal à m'exprimer...J'ai toujours peur de dire des bêtises, alors je fuis, c'est lâche, je sais...

    -Mais non...Ca te donne un air mystérieux et mignon!

    -Ouah...Super...»

    Elle n'avait pas l'air emballé...

     «-J'ai reçu cette question aussi: As-tu un copain? Ou es tu amoureuse?  Ouais, c'est un peu indiscret, mais je vis du journal de l'école alors je ne peux pas me permettre de perdre des lecteurs.

    -J'en ai pleins, oui! Des copains, des copines! Et ils sont tous gentils avec moi! Ils n'oublient jamais mon anniversaire! Amoureuse? Je ne pense pas...Je devrais?

    -Tu as mal compris la question...Bref, suivante...(il tourna une page) Comment te qualifierais-tu?

    -Mmmhh...(elle prit un donuts) Timide, gentille, je n'ai encore jamais mordu personne, sensible, lente, très lente, curieuse et observatrice. Après, c'est un peu dur de savoir sois même. Mais je connais mes défauts! Je suis jalouse (oui, c'est dommage mais c'est comme ça), bon, pas une jalousie maladive, mais une petite, ici (elle montra son ventre). et puis je suis impatiente, à mon plus grand regret...Stressée aussi...Et je suis bête...

     «-Je vois...Tes passes temps?

    -Je dessine beaucoup, je lis, j'écris, je dors, je mange...Normal quoi!

    -Normal, oui...Je n'ai pas demandé la base, quel âge as tu? Et ton anniversaire tant qu'on y est.

    -J'ai 16 ans et je suis née le 21 juillet! Comme ça, maintenant, tu pourras me souhaiter mon anniversaire toi aussi, ria t-elle, un sourire machiavélique aux lèvres.»

    Il frissonna avant de continuer.

     «-Tes mensurations? Ta taille? Mh?

    -Je ne le sais pas moi même...Tu veux mesurer? Demanda t-elle au jeune homme en lui tendant un mètre. Pour la taille...1,70 si je ne m'abuse.

    -Sans moi...Bien que l'envie me tente... Tu n'as aucune limite, hein?

    -Comment ça?»

    La jeune fille n'avait même pas idée des propos qu'elle débitait. Elle ne se rendait pas compte qu'elle pourrait avoir de gros problèmes si ça avait été quelqu'un d'autre que le gentil journaliste.

     «-As tu des complexes?

    -Non...

    -Ce qui t’effraies le plus?

    -Les araignées! J'ai horreur de ces bestioles...Mais les autres insectes ne me rendent pas plus calme à vrai dire...J'ai peur de la mer aussi, enfin, je m'explique: Lorsque je vais me baigner, je déteste profondément ne pas avoir pied, ne pas savoir ce qui se trouve sous moi. C'est juste affreux et insoutenable pour moi ...»

    La blonde trembla rien qu'en y pensant.

     «-Désolé, je ne voulais pas te faire peur. (Elle est vraiment émotive...) Avec qui te sens tu le mieux?

    -Ma mère, mon frère. Personnellement, je ne supporte pas ma sœur, mais peut être qu'avec le temps...

    -Viendrais tu pleurer contre moi?

    -Pardon?!

    -Oh, euh...Pardon, c'est une question d'un élève, je ne parlais pas pour moi...Quoique, ça ne me déplairait pas...»

    Mayumi paru effrayée par sa question et se décala de quelques centimètres. Après tout, la jeune fille savait ce qu'il pensait, mais lui n'était pas au courant... elle se munit d'un de ses stylos, prête à se défendre s'il venait à lui sauter dessus.

     «-Enfin...Euh, bref! Quel est ton plus grand rêve?

    -Réaliser ce rêve: devenir réalisatrice de films d'animations. J'ai vraiment hate de sortir du lycée...

    -Tu n'aimes pas l'école? Demanda le jeune homme par curiosité.

    -Je déteste ça...Je suis nulle et bête alors c'est pas vraiment mon fort d'étudier...Je suis faite pour faire des travaux manuels, pas de suivre avec ennui un cours.

    -Je comprend tout à fait, malheureusement...(Il reprit la lecture des questions) Quel est ton plus grand fantasme?

    -Hein? C'est quoi ça? Ca se mange? Demanda t-elle en bavant presque.

    -Noonn...Pas grave, on passe. Quel est ton plus mauvais souvenir?»

    Elle réfléchit un instant avant de rougir brusquement.

     «-Je dirais rien! Trop personnel, grommela t-elle entre ses dents.

    -OK...Des kilos à perdre?

    -Tu veux vraiment rencontrer mon crayon?»

    Depuis les précédentes question, la jeune adolescente était irritée et prête à se défouler sur quelqu'un en particulier. Mais elle avait accepté de répondre à ses questions, alors elle devait supporter, ne serait-ce qu'un instant encore.

     «-Sans façon...Tu aimerais te marier/ avoir des enfants plus tard?

    -Je suis bien toute seule aussi. Je n'ai pas ce genre d'envies pour le moment.

    -Penses tu que quelqu'un t'aime?»

    Elle claqua de la langue.Un air dégoûté apparu sur son visage, apparemment, elle avait quelque chose à dire.

     «-Oui, c'est même sure...J'ai comme qui dirait un harceleur attitré. C'est bon, c'est fini?»

    il bougea un instant, le postérieur endoloris. Mais entre temps, il perdit son cahier. Mayumi le ramassa et passait les pages à la recherche des fameuses questions. Rien. Toute les pages étaient vierges. Elle eut un rictus étrange.

     «-Euh...Je peux tout t'expliquer...

    -C'est cela...»

    Elle se leva pendant les secondes qui suivirent et obligea le curieux à sortir de son "antre improvisée". Mais le jeune homme n'en avait pas fini, il devait attiser sa curiosité, il se glissa d'entre la poigne de la blonde et se positionna derrière elle.

     «-Pourquoi avoir inventé un monde comme celui-ci?»

    Il ne voulait définitivement plus la laisser seule.

     «-Ici, c'est un peu comme le monde d'Alice au pays des merveilles. J'ai pris modèle de cet univers auquel je suis très attachée depuis ma tendre enfance. Je l'ai remodelé à ma façon de sorte à pouvoir m'évader autre que dans mes bouquins d'école, découvrir des gens qui auront les même passion/ ou non que moi, rencontrer des personnes avec qui je pourrais rire sans me prendre la tête, contourner les problèmes de la vie de tout les jours, éviter les fouineur comme toi. Maintenant, je vais devoir te dire adieu...

    -Adieu? Mais on peut encore se voir au lycée, non?

    -Je ne crois pas, tu en sais beaucoup trop maintenant...»

    Elle avait un sourire effrayant et tout en s'approchant de l'interlocuteur, elle claqua des doigts. Deux servantes qu'il n'avait pas rencontré jusqu'ici, se positionnèrent à ses côtés et le soulevèrent. Il regarda alternativement ses deux agresseuses et Mayumi. La jeune maîtresse des lieux riait avant de lâcher:

     «-Sasha, tu en as encore sur le visage...Sois présentable auprès de mes invités, voyons...

    -Bien, Mademoiselle.»

    Le garçon eut juste le temps de voir une tâche rouge foncée sur la joue de la concernée avant qu'elle ne l'efface d'un coup d'index. Il eut un frisson de terreur.

     «-Vous pouvez disposer. J'imagine que vous savez ce qu'il vous reste à faire...On se revoit à table tout à l'heure,les filles.

    -Certainement, Mademoiselle.»

    Les trois compères disparurent dans le couloir, entrainant ainsi les plaintes et cris du faux journaliste tandis que Mayumi s'asseyait sur le bord de son lit et ouvrit une canette de coca. Elle leva les yeux au plafond et susurra:

     «-A qui le tour?»

     

     


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